La première édition du « Baromètre de la souveraineté », réalisée par Norstat pour L’Hémicycle auprès de 1 000 Français (enquête en ligne du 18 au 30 août 2026, méthode des quotas), révèle une forte préoccupation autour de la dépendance numérique de la France. Elle analyse la place accordée à la souveraineté et la perception de la position du pays dans onze secteurs stratégiques, à l’approche de la présidentielle de 2027 : en moyenne, 89 % des Français jugent que la souveraineté devrait occuper une place importante dans la campagne.
Le numérique, premier domaine de retard perçu
Huit Français sur dix estiment que la souveraineté numérique et l’IA devraient être un sujet important de la campagne présidentielle, dont 31 % « très important ». 64 % jugent la France en retard à la fois sur la Chine et sur les États-Unis dans le numérique, le double retard le plus fortement perçu parmi les domaines testés, devant les matières premières (54 %) et l’industrie (52 %). Pris séparément, 72 % la jugent en retard face aux États-Unis (9 % en avance, 19 % au même niveau) et 79 % face à la Chine (8 % en avance, 13 % au même niveau).
92 % voient une menace pour l’indépendance du pays
92 % des Français considèrent la dépendance numérique comme un risque pour l’indépendance de la nation (dont 50 % « tout à fait d’accord »). 89 % pensent que l’IA va encore accroître la dépendance de la France envers les entreprises étrangères.
94 % veulent des données hébergées en France ou en Europe
94 % se déclarent favorables à l’hébergement des données personnelles des Français en France ou en Europe (64 % « tout à fait d’accord »), et 93 % souhaitent que l’État et les administrations utilisent en priorité des solutions françaises ou européennes (58 % « tout à fait d’accord »). Pour autant, 61 % reconnaissent que se passer des outils non européens pourrait entraîner une perte de performance et de qualité de service (39 % ne partagent pas ce constat).
Les priorités citées
- garantir l’hébergement en France ou en Europe des données sensibles : 44 % ;
- investir dans des infrastructures numériques sous contrôle français ou européen : 38 % ;
- soutenir les acteurs français et européens du cloud, de l’IA et de la cybersécurité : 32 % ;
- équiper les administrations en solutions françaises ou européennes, former davantage d’ingénieurs et de spécialistes du numérique, imposer des règles plus strictes aux entreprises technologiques non européennes : 29 % chacune.
Selon le communiqué, les Français attendent d’abord une réponse industrielle et technologique fondée sur la maîtrise des données et des infrastructures, avant un renforcement de la réglementation applicable aux entreprises étrangères.
Méthodologie
Enquête réalisée en ligne par Norstat pour L’Hémicycle auprès de 1 000 personnes représentatives de la population française, selon la méthode des quotas (sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, région). Les pourcentages d’accord et les comparaisons internationales sont calculés parmi les répondants ayant exprimé une opinion sur chaque proposition.
